LE ROMAN : HISTORIQUE

 

LE ROMAN

 

 

INTRODUCTION

 

 

 

"La Lettre" : Tableau de Wermeer

 

Le roman est un genre littéraire rédigé en prose ( il existe néanmoins quelques romans écrits en vers ( « Eugène Onéguine » d’Alexandre Pouchkine par exemple).

IL est difficile à définir de façon précise du fait de la grande liberté d’écriture qu’il laisse à ses adeptes.

 

Le roman a beaucoup évolué dans le temps, et ceci contribue pour une part, à l’engouement de nombreux écrivains, en particulier aux novices qui pensent que cette forme d’écriture représente la facilité et l’accessibilité pour tous.

 

En effet, alors que la poésie, la nouvelle, la pièce de théâtre imposent leurs règles, le roman semble plus souple, du point de vue de la rédaction en elle-même, mais également du plan de construction, et semble laisser plus de libertés.

Mais, bien que tout le monde soit capable « d’écrire », et possède une capacité créative qu’il peut exprimer sur le papier, quiconque s’attaque à la rédaction d’un roman comprend très vite que cette facilité supposée se révèle rapidement fausse.

Pourquoi ?

Justement parce que l’on pense que le roman s’écrit comme l’on parle, qu’il suffit de former des phrases qui se suivent et raconter une quelconque histoire, pour que le roman se mette à vivre sous la plume.

 

Erreur ! Ecrire un roman est bien difficile, tout autant sinon plus qu’un poème par exemple.

 

* * *  

 

LES ORIGINES DU ROMAN

 

Tout d’abord, d’où vient le terme «  roman » ?

Etymologiquement, « roman » sert à désigner une langue utilisée au Moyen Age, la langue romane, issue de la langue utilisée au nord de la France, la langue d’Oïl, qui prévaudra sur la langue d’Oc du sud de la France. Cette langue, née de l’évolution du latin, le remplacera dans l’usage et les pratiques orales du nord de la France.

 

Au Moyen Age, le latin est réservé aux textes écrits. La langue romane est utilisée pour les communications orales, le latin n’étant connu que d’une minorité dans la population, et essentiellement par les religieux et les « lettrés ». Afin que la majorité de la population puisse prendre connaissance et comprendre les textes écrits en latin ( puisqu’ils ne savent souvent pas lire ), il a fallu les transcrire dans une langue plus accessible ( on disait parfois en « langue vulgaire »). Le terme « roman » est donc attribué à tous les textes écrits en langue romane dans le but d’être compris par la population, qu’ils soient en vers ou en prose, narratifs ou non. Et principalement les textes officiels et sacrés qui devaient être connus et compris par tous.

 

C’est vers 1150, que le terme « mettre en roman » signifie donc « traduire en langue vulgaire ».

Très vite, cette langue vulgaire, est utilisée par la littérature narrative. Le terme roman désigne progressivement un genre littéraire à part entière. On parle aussi de « conte » ou « estoire » (histoire). Son sens commence à se rapprocher de son sens moderne, à savoir un récit souvent fictif avec un ou plusieurs personnages vivant une ou des aventures sous forme d’épisodes.

 

Jusqu’au XIIIè siècle cependant, les textes narratifs étaient écrits en vers (notamment en couplets d’octosyllabes à rimes plates = vers de 8 pieds et rimes en AABB ), sauf les textes juridiques traduits du latin comme vu plus haut.

 

La prose apparaît au XIIIè siècle. Etant donné que les seuls textes en prose étaient les textes juridiques, cette forme de rédaction semblait associée à une certaine garantie de véracité aux yeux des lecteurs. C’est sans doute pour cela que la prose s’utilisa peu à peu dans les récits narratifs qui racontent des aventures afin d’augmenter leur crédibilité et réduire ainsi l’artificialité que donnait la versification.

 

Dès lors, l’écriture de romans se développe et avec elle des traditions. Jusqu’au XVIIè, le comique et le merveilleux se côtoient : le premier se veut parodique et réaliste, raillant les valeurs établies pour et par l’époque, le second est l’héritier des récits grecs et des romans de chevalerie, du merveilleux, revendiquant une noblesse des sentiments et de l’expression, et un style sérieux.

 

Au cours du XVIIIè siècle, avec l’écriture de romans historiques, la tradition du merveilleux est progressivement abandonnée au profit du réalisme, mais un nouveau genre voit le jour, plus proche de ce que nous connaissons : la fusion des deux traditions, un mélange de sérieux et de comique qui donnera un certain équilibre et ouvrea la porte à de nombreuses possibilités d’écriture.

 

A la fin du XIXè siècle, on peut dire que le roman est parvenu à sa maturité, sa forme et son esthétique ne changeront que très peu jusqu’à nos jours.

Son format : un découpage en chapitres, la narration est presque toujours au passé, les descriptions des lieux et la psychologie des personnages prédominent.

L’aspect de fiction qui était primordial prend peu à peu moins d’importance, le roman devient un genre littéraire très libre qui expérimente le langage. D’autre modèles apparaissent : la biographie, l’autobiographie, le journal, le reportage sur d’autres formes d’art par exemple…

Puis on s’aventure à évoluer encore plus : par exemple on change le temps de narration ( récit au présent au lieu du passé ), le narrateur peut également devenir personnage principal, non plus uniquement dans l’autobiographie, mais également dans le récit fictif ( à la 1ère personne du singulier ), et la priorité peut être mise soit sur la psychologie des personnages au détriment de l’histoire elle-même, ou bien inversement l’histoire est exploitée à outrance, aux dépens du caractère et des sentiments des protagonistes.

 

Malheureusement, avec le modernisme du XXè siècle ( la télévision, la radio, le cinéma), la place du roman perd peu à peu son statut privilégié.

 

Vous trouverez une petite liste chronologique d'écrivains français du Moyen Age à nos jours en cliquant sur le lien suivant :  LISTE CHRONOLOGIQUE

 

 

Mais le désir d’écrire est bien présent...

 

Lorsqu’on est adolescent, on écrit des phrases au hasard sur nos cahiers d’histoire ou de maths, des mots qui nous parlent, qui nous représentent à un moment précis de notre existence, comme une révolte intérieure qu’il nous faut exorciser.

Une phrase… une autre… On se dit que la poésie, c’est joli . On pourrait essayer de faire rimer ces deux phrases…

Au début, le résultat n’est pas concluant… et puis on se prend au jeu… on s’exerce et petit à petit, quelque chose semble sortir de là.

Ce ne sont plus une ou deux phrases qui se suivent… mais six ou dix ou plus… Nos méninges n’en sont plus à ça près… « Je n’aurais jamais pensé que je pouvais faire ce genre de chose. Je vais le faire lire à ma meilleure amie… »

«  Ouah ! ! c’est super, ce que tu écris ! » « Vraiment ? tu trouves ça bien ? » « Pour sûr… moi, je ne saurais pas écrire de poèmes »…

Alors, on se sent un peu bizarre… « Après tout, c’est une amie, elle ne mentirait pas… Alors c’est vrai, il y a des gens qui écrivent, et d’autres qui ne savent pas… Peut être a-t-elle raison, je suis un peu différente…Finalement, j’aime écrire… j’ai envie d’écrire… maintenant, je ressens un réel besoin d’écrire… c’est presque… vital pour moi… »

Et on écrit d’autres poèmes, sur tout ce qui nous vient par la tête.

A force de s’entraîner à faire rimer les mots, cela devient plus facile et les phrases rythmées s’enchaînent et coulent …comme de source.

Les années passent et l’on continue d’écrire, parfois un peu moins, parfois un peu plus …et on a d’autres idées aussi, plus « grandes »…

 

« Et si j’écrivais un roman ! »

La belle affaire, un roman…

Comment fait-on cela ? Une idée d’histoire, des personnages, des aventures, un décor ou plusieurs.

Alors, on s’attelle à la tâche, on s’impose une « mise en condition » : chambre porte fermée, rideau tiré et lumière tamisée, un peu de musique peut être, feuilles blanches ou gros cahier de 300 pages et bon style qui glisse bien… ou bien, au pied d’un arbre du jardin, au bord de la piscine, une boisson à portée de main, papier, stylo… ou terrasse de café, animée, regardant les gens passer, papier, stylo… Qu’importe la mise en condition, il faut y aller…

Faut-il commencer par le titre ? 

« De quoi vais-je commencer à parler ?

Je connais le sujet de mon futur roman, mais faut-il une introduction ?

Vais-je tout de suite faire entrer mon personnage principal dans une situation catastrophique ?

Ou vais-je plutôt le montrer lorsqu’il était enfant, ou bien vais-je raconter ce qui lui est arrivé la semaine dernière, avant d’entamer son aventure aujourd’hui qui en découle ?

Ou bien je vais garder cela pour la fin en guise de conclusion… cela mettra le lecteur dans l’attente… et la surprise du revirement de situation viendra à point nommé dans les dernières pages ?

Non, je vais d’abord présenter l’endroit où vit mon personnage, tout est normal et peu à peu, cela doit monter en intensité et le lecteur doit atteindre le point culminant vers le 4ème chapitre…

Mais les trois précédents, il faut que j’écrive de telle façon que le lecteur n’ait pas envie d’arrêter sa lecture, car s’il ferme le livre, qui sait quand il l’ouvrira à nouveau pour lire la suite si je ne sais pas le motiver…

Comment écrire un roman…

Cela n’est finalement pas simple

Et puis, un roman, ce n’est pas un poème, ni même une nouvelle de 3, 10 ou 25 pages. Un roman, c’est au moins 180 pages… et dire qu’il y a des écrivains qui éditent des pavés de 400 ou 500 pages …

Peut être me suis-je abusée moi-même…

S’il y a des écrivains célèbres, ce n’est peut être pas pour rien

C’est sans doute comme les peintres, les compositeurs, les sculpteurs… il faut avoir le don… le feu sacré … le génie…

Il faut avoir peut être en soi cette chose indéfinissable qui fait dire que l’on ne peut pas concevoir sa vie sans création, que l’on n'est rien sans une feuille de papier et un stylo…

Et dire que Victor Hugo a écrit « Notre Dame de Paris » en 3 semaines à peine !

 

N’est donc pas écrivain qui veut ! »

 

Ecrire doit être une raison de vivre…

Ecrire doit être une passion sans borne…

Ecrire doit être une forme de religion personnelle…

Ecrire doit être une gymnastique de tous les instants…

Ecrire doit être un prolongement de soi…

Ecrire doit être une immersion…

Ecrire doit être une émergence…

Ecrire doit être une respiration…

Ecrire doit être un instinct…

Ecrire doit être une volonté qui nous échappe mais n’échappe pas au Très Haut..

Ecrire doit se conjuguer à toutes nos cellules et à toutes notre personne…

Ecrire doit se vivre et se mourir…

 

 

 

 

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