LA POESIE: HISTORIQUE

Les Elfes de la Nuit ... Une source d'inspiration pour des poètes en verve?

LA POESIE

 

INTRODUCTION

Le mot 'poésie' vient du gre poiein qui signifie 'créer' ou 'fabriquer'.
La poésie est donc un art qui fabrique quelque chose, mais en utilisant comme matériau le langage ( tous les moyens du langage), pour le faire connaître par le rythme, l'harmonie et l'image, créés par le langage.

Dans le terme le plus courant, la poésie est la plus haute expression de l'écriture et de la parole puisqu'elle attache autant d'importance à la musique des mots qu'à leur sens.

 

HISTORIQUE

 

Vous pouvez consulter, ici, une  LISTE CHRONOLOGIQUE  de poètes au cours des siècles.

Ci-après, un développement sur l'évolution poétique de l'Antiquité à nos jours. 

L'ANTIQUITE

La poésie est la forme littéraire la plus ancienne, probablement aussi ancienne que les civilisations, et propre, semble-t-il, à toutes les cultures humaines. Elle vient tout d'abord d'une transmission orale  des Anciens sur les mystères du monde notamment ( souvent des textes sacrés appris par choeur comme la Bible, la Torah...etc) ou tout simplement pour fixer leur propre histoire ou relater le mythe de leurs origines ( mythologies), car ils n'avaient pas encore la connaissance de l'Ecriture. Leur particularité : les allégories (entre autres)  propres à cette poésie orale et qui sont par elles-mêmes de nature très poétique. Elles transmettent une conception particulière du monde, traduite grâce à toutes les ressources connues du langage, et véhiculent aussi les faits essentiels, fondateurs de l'histoire des peuples.

Dans l'Antiquité, l'art de la poésie apparaissait aux hommes comme un don divin : le poéte était inspiré par les Muses, filles de Mnémosyne ( La Mémoire), et de Zeus, et celles-ci lui permettaient de manier le langage de telle façon qu'ils animaient les mots d'une beauté qui leur conférait un pouvoir hors du commun.
Pour les grecs, la figure du poéte était incarnée par Orphée, personnage légendaire qui séduisait les Dieux, les hommes et mêmes les animaux par la beauté de son chant, accompagné de sa lyre.

De nos jours, nous parlons d'ailleurs toujours de donlorsque nous parlons d'Art... qu'il soit littéraire, pictural ou musical.

Les poètes grecs étaient souvent appelés des « aèdes » car ils chantaient leurs poèmes, comme le feront plus tard les troubadours(1)et les trouvères(2)au Moyen Age.

 Cette façon de concevoir la poésie comme un chant, permettait aux auditeurs de la retenir, ainsi se développait peu à peu un  rythme régulier par l’emploi de la versification ( rimes ) qui se scandait plus facilement.

 

LE MOYEN AGE

Au Moyen Age, la poésie traitait toujours de sujets mythiques, et, sous la forme épique, célébrait les hauts faits des héros et des rois, réels ou légendaires, des chevaliers et des courtisanes.

Les premières règles fixes de rédaction poétique apparurent au XIVè avec Guillaume de Machaut.

Dans cette société médiévale, où devaient régner bientôt les règles seigneuriales, le poète attaché à un Seigneur ou à un protecteur - et plus tard  à un aristocrate ou un monarque-, se devait de chanter la gloire et les vertus de son protecteur, et sa survie dépendait de son talent. Cette poésie particulière eut ses heures de gloire pendant tout le XVIIè, puis déclina au cours du XVIIIè pour disparaître à l’orée du XIXè.

Jusqu’au XVIè, l’inspiration fut héritée des Grecs et certains poètes se disaient des sortes d’élus ( Ronsard par exemple qui parlait de sa « fureur sacrée » inspiratrice comparable à celle de Platon).
Mais le XVIè marqua le début de changements décisifs : le langage poétique s’enrichit de formes littéraires étrangères, comme des emprunts à l’Italie ( Ref : les poètes de la Pléiade comme Du Bellay) : nous avons comme exemple le sonnet
(3) .

Le XVIIè marqua un changement quasi-radical de la conception poétique.

En effet, la langue poétique se codifie de plus en plus précisément, et le terme « poésie » ne désignait plus que le genre littéraire en vers.

Les formes poétiques courtes se pratiquaient de moins en moins ( sonnet, madrigal), la « poésie dramatique » se développa, entendez par là le théâtre,des pièces écrites principalement en alexandrins (4)( Ref : Les tragédies de Racine )
 Jean RACINE

 

Aide lexicale :

(1) et (2)  Troubadours et trouvères : 2 termes signifiant la même chose au Moyen Age : Poète lyrique. Le troubadour est le terme écrit en langue d’Oc ( Sud de la France ) et trouvère en langue d’Oïl ( Nord de la France)

(3)sonnet : forme poétique d’origine italienne qui se compose de 14 vers de même mètre ( même nombre de pieds) organisés en 2 quatrains à rimes embrassées ( ABBA-ABBA) et de 2 tercets ou 1 sizain

(4)alexandrin : vers de 12 syllabes à l’origine, puis ensuite, avec l’entrée dans le mouvement romantique, sera souvent marqué par une césure et deux  hémistiches.

 

 

 

La forme  prit l’ascendant sur l’inspiration de fond.

Le travail de syntaxe, telle une élaboration laborieuse du texte devint un véritable artisanat, où périphrases(5)et inversions(6)comptaient plus que l’intensité de l’idée à faire passer.

 

 Le XVIIIè siècle délaissa un peu plus la poésie. Grand siècle de la pensée rationnelle et de la réflexion philosophique, celles-ci se mariait difficilement avec la versification. Les textes en prose furent privilégiés et la poésie considérée comme un « ornement de l’esprit ». Cette dernière n’évolua donc pas durant cette période.
 

Aide lexicale :

(5)périphrase : Procédé de style qui consiste à remplacer un mot par sa définition  ou par une expression plus longue, mais équivalente.

(6) inversion : la construction de la phrase n'est pas conforme à l'ordre habituel des mots ( par ex le verbe peut se retrouver à la fin de la phrase : « un jour, sur les chemins m’en allai… » )

 

 

LE ROMANTISME

 

C’est dans la première moitié du XIXè siècle que la poésie reprit sa place prépondérante grâce aux Romantiques notamment qui lui redonnèrent ses lettres de noblesse et modifièrent jusqu’à sa conception classique qu’ils jugeaient artificielle et figée.

On peut dire que le poète Lamartine( voir chapitre consacré à ce poète à la rubrique « quelques poètes choisis » ) correspond à la naissance de ce nouveau mouvement romantique de la poésie avec ses « Méditations » en 1820, suivi de prèspar Alfred de Musset (voir chapitre consacré à ce poète à la rubrique « quelques poètes choisis »). Ce nouvel élan poétique se présentait comme le défenseur de la conception du « la poésie est l’exaltation du Moi, c’est un chant intérieur ;  le poète est un être tourmenté, doté d’une sensibilité exceptionnelle au point qu’il établit une relation de cause à effet entre le désespoir ressenti et la beauté du poème » .

 

           

  Alphonse de LAMARTINE            Alfred DE MUSSET                 

 

Victor Hugo (voir chapitre consacré à ce poète à la rubrique « quelques poètes choisis » ) faisait également partie de cette période romantique, il véhiculait cette image de poète tourmenté bien qu’il s’en défendit. Il voyait plutôt dans la poésie, un moyen d’éclairer les autres hommes. Victor Hugo,  tête de file du mouvement romantique, révolutionna le langage poétique en lui redonnant une certaine liberté, avec des mots un peu plus banals, parfois triviaux, et la construction également ( dislocation de l’alexandrin par exemple, en lui donnant une césure) afin que la poésie soit à nouveau accessible.
IL faut se remettre dans le contexte de l'époque, car la révolution romantique fut étroitement liée aux conditions économiques et sociales de ce siècle.

 

 

                       Victor HUGO

 

 

LE XIXè ET LE MODERNISME

 

Dans ce soucid’accessibilité, très honorable bien sûr, les poètes qui suivirent commencèrent peu à peu à trouver inconvenant de favoriser le côté lyrisme au détriment du formel, estimant que la conception moderne de la poésie ne devait pas être représentée comme un excès d’anarchisme littéraire.

Cette nouvelle conception, à lafois parfaitement formelle et profondément lyrique se montra au grand jour aux alentours de la moitié de ce siècle avec Charles Baudelaire ( voir le chapitre réservé à ce poète dans la rubrique : quelques poètes choisis), avec ses 'Fleurs du mal -1857'. Sa particularité : le langage poétique devait permettre de transmuter ou sublimer ce que la réalité comprenait de plus vil dans un souci de construction établie.

 Charles BAUDELAIRE

 

 

 

A sa suite Rimbaud, Verlaine et Mallarmé s’attachèrent à donner à cette conception poétique toute son ampleur, conscients que la poésie avait un certain « pouvoir » à transformer la réalité par les mots. Rimbaud ne désignait-il pas son travail comme une « alchimie du Verbe » ? Néanmoins, celui-ci poussa peut être un peu trop loin sa vision en pensantque le poète devait être un être aux pouvoirs quasi-surnaturels, et qu’il ne les découvrirait et ne pourrait les utiliser à bon escient, qu’en cherchant à vivre toutes les expériences qui puissent lui faire perdre ses repères habituels ( drogue, alcool, mœurs marginalisés) afin d'être mis dans un état où il ne serait plus qu'une 'voix exprimant la vérité du monde'.

On devait peu à peu glisser vers nouvelle autre conception de la poésie, presque inéluctable peut être : le surréalisme, la force de suggestion de l’image devenant le critère poétique par excellence, la puissance de l’image née de l’associationde l’esthétique et de l’émotion. Aragon le définissait-il pas le surréalisme comme « l’emploi déréglé et passionnel du stupéfiant image » , la transfiguration de l’image à outrance, liée à l’inconscient et au rêve, à tel point qu’au XXè siècle, un texte peut se définir comme poétique par sa forte teneur en images.

 

 

 

LA POESIE  ACTUELLE 

 

Elle reste très emprunte de surréalisme, et même les poètes semblant éloignés de cette esthétique particulière ont recours à l’image transfigurante. La poésie reste l’exploration du rêve et de l’inconscient. L’inspiration semble prendre la forme de « dictée de l’inconscient », « travail du rêve ».

CONCLUSION

 

Quoiqu’il en soit, cela devait nous reconduire aux prémisses lorsque, chez les grecs poètes des Dieux, inspirés par les Muses, l’inspiration était à l’origine de l’écriture poétique, le reste étant donné par le travail : « les Dieux donnent un premier vers, pour rien ; c’est à nous poètes de façonner le second qui ne doit jamais être indigne du don fait par les Dieux ».
Après des siècles de débats, de nouveaux élans et de nouvelles pensées, il se trouve que les poètes contemporains réconcilient inspiration et travail, même si la poésie désormais revêt les
formes les plus diverses ( prose, vers, vers libres ou versets), jusqu’aux dispositions figuratives sur le papier ( calligrammes d’Apollinaire).

 

Calligramme d'Appolinaire

 

 

 

  

  

     

 

   

 

         

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site